Une heure avec

Vincent, brasserie Nautile

par | Interview

Intro

Matteo : Salut Vincent, peux-tu nous raconter comment est née la brasserie Nautile ?

Vincent : Salut Matteo ! Au départ j‘étais brasseur amateur avec Fabien, et à force d’échanges et de brassins  ensemble, on avait décidé de lancer un service de livraison de bières fraîches sur Nantes.

Sauf qu’au moment de contacter notre premier fournisseur, Clément, de la brasserie Bonne Garde à l’époque, il nous annonce qu’il va fermer sa brasserie et qu’il cherche quelqu’un pour la reprendre. Ce n’était prévu au départ, mais on a mis de côté le service livraison et on s’est embarqué dans l’aventure de la brasserie artisanale. 

Quand vous débarquez dans la craft en 2017, c’est un peu « la belle époque ? »

V : Oui, on voyait qu’il y avait plein de projets au tour de la bière artisanale à Nantes, des brasseries mais aussi des associations de brasseurs amateurs, ça nous a confirmé que c’était un moment propice pour essayer de prendre un part du gâteau, même si on savait qu’on allait devoir bosser dur !

M : Aujourd’hui, vous êtes combien ?

On s’est lancés à 3. Aujourd’hui, on est 9 du côté de la brasserie, 11 en tout si on compte Cold Crash.

Vincent Munoz Del Blanco brasserie Nautile

« Au début, on a eu des journées où on passait 16 heures à embouteiller… c’était sportif ! »

cold crash reze

Cold Crash c’est quoi ?

V : La brasserie n’est pas ouverte au public, c’est Cold Crash qui fait office de taproom, espace vente directe et salle de concerts. Quand on a acheté le bâtiment, on a vu qu’il était beaucoup trop grand pour nous donc on a décidé de sous-louer une partie de l’espace.

Aujourd’hui on a Messieurs Dam’s qui a son food truck et son labo et il prend les clés de la cuisine les jeudis et vendredis pour ceux qui veulent manger un morceau.

À côté il y a Soofut : c’est une entreprise qui fait du lavage et de la sous-location de futs, on bossait déjà avec eux depuis un moment mais maintenant, c’est encore plus pratique parce qu’ils sont juste à côté !

Plus d’infos sur la page instagram de Cold Crash

Quels sont vos défis pour les années à venir ?

V : J’ai envie de dire que le défi c’est de rester en vie ! On a réussi à prendre une petite part de marché aux industriels, dans les bars et dans les caves, mais ils se sont vite adaptés. On a vu plusieurs grandes marques sortir des produits « style craft », avec des tarifs compétitifs.

En plus de ça, le marché local s’est pas mal resserré.

Beaucoup de jeunes brasseries sont arrivées après nous. À l’heure actuelle, nous sommes une quarantaine de brasseurs sur Nantes et ses alentours… ça fait beaucoup ! Même si c’est une grande ville et il y a pas mal de lieux cachés de la bière, on voit qu’aujourd’hui, c’est de plus en plus compliqué.
Le marché n’est pas extensible à volonté.

Comment vous avez réagi face à tout ça ?

V : La stratégie qu’on met en place, c’est de ne pas chercher à jouer une guerre des prix. On a un placement tarifaire qui est raisonnable sans avoir baissé en qualité.

On propose des prix qu’on estime justes. On fait attention à ne pas faire des bières trop chères. Après le Covid, il y a eu un boom des prix, les gens sont enflammés sur les tarifs, clairement.

Nous, on cherche à faire des produits bien faits, de qualité, sans avoir des tarifs exorbitants.
Une bière, ça reste une bière, un produit populaire accessible à tout le monde. C’est notre démarche.

Photo : La Hop buster #2 NEIPA 

hop busters 2 neipa nautile

« Je reste confiant pour l’avenir, mais il va surement y avoir un écrémage sur les structures trop petites, trop fragiles.
C’est très compliqué pour ceux qui sont seuls aux manettes. »

taproom nautile

Des stratégies qui ont marché pour vous ?

V : Ce qu’on essaie de faire et qu’on a réussi à mettre en place dans certains bars, c’est d’avoir un bec qui est dédié à la bière Nautile tout le long de l’année.
On propose au client un tarif préférentiel sur nos bières et des remises sur le volume en fin d’année. Nous ça nous permet de sécuriser une entrée d’argent, tandis que pour eux c’est un avantage sur les tarifs et sur la logistique.

Le nerf de la guerre, c’est la fidélisation. On a un bar où il a 4 bières Nautile à la pression, c’est ce genre de client qui nous rend fiers et qu’on veut bichonner !

Comment vous avez choisi votre look ?

V : Notre logo a été fait par un graphiste : Tang, mais il n’avait pas le temps pour s’occuper à 100% de nos produits, car il travaille en parallèle chez Aerofab. On s’est donc tournés vers Théo Allard, un autre illustrateur et graphiste du coin, aujourd’hui c’est lui qui gère toute la partie graphique. 

Il est rapide et il a un super coup de crayon, on est très contents de cette collaboration et ça nous a apporté une belle visibilité car on est loin des codes des autres brasseries.

Notre parti pris c’est de faire l’inverse qu’on voit sur le marché et bosser avec des gens autour de nous. On a beaucoup travaillé sur l’univers du manga, notamment Akira, Dragon Ball Z mais aussi le pixel art, on s’amuse bien !

 

nautil house

Retrouve la brasserie Nautile

 

Brasserie Nautile
4 rue du Seil,
44400 Rezé

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