Intro
Comme dans beaucoup d’histoires de brasseries artisanales, c’est l’histoire de deux brasseurs amateurs qui se lancent dans un projet plus sérieux. Aymeric nous raconte le voyage de Tandem, en passant par ses premiers brassins chez le Singe Savant jusqu’à servir des bières pendant la cérémonie d’ouverture des JO 2024.
Aymeric et Pierre-André
Peux-tu nous résumer 5 ans de Tandem en 5 minutes ?
Aymeric : Pierre-André et moi avions envie de lancer notre propre brasserie et nous avons eu l’opportunité de reprendre du matériel de brassage en 2019. Finalement, nos chemins se sont séparés 18 mois plus tard, mais nous sommes restés en très bons termes.
Ouverture officielle 10 mois avant le covid, donc nous avons très vite étés confrontés à la période confinement & apérozoom. C’était une drôle d’année, 2020, mais finalement nos bières et notre univers ont su trouver leur public.
Premier déménagement en 2021 pour nous agrandir et avoir une taproom, suivi de la période des couvre-feux et des fermetures des bars. Celle-ci a été rude, mais on va dire qu’entre 2022 et 2023 nous avons fait des années correctes. On déménage à nouveau en 2024 dans les locaux où nous sommes encore aujourd’hui, à Wambrechies.
Quels sont les défis pour 2025 ?
A : Le contexte n’est pas des plus simples. L’inflation pèse sur les poches des consommateurs et les distributeurs aussi font très attention au prix. En plus de ça, nous sommes dans une région (le Nord) où il y a beaucoup de concurrence. Même si on se connait tous et on se respecte, le marché est serré.
Notre défi sera de faire face à ce contexte et trouver une approche qui nous permette de tirer notre épingle du jeu. En parallèle, nous avons investi dans un labo, car je pense qu’il est temps de se focaliser encore plus sur la qualité de nos bières. Comme il s’agit d’un produit vivant, on doit suivre son évolution de manière attentive.
Un conseil pour les brasseries qui veulent se lancer ?
A : Ce que je dis aux brasseurs qui viennent me voir, c’est de réfléchir à un positionnement. Pas forcément une niche, mais quelque chose de différenciant. Chez Tandem, par exemple, on joue beaucoup autour de l’humour, de la légèreté, j’aime bien que les gens aient le sourire quand ils découvrent nos noms.
Deuxième point, bien savoir, dès le début, quels sont les canaux de distribution et d’avoir une production qui puisse répondre à la demande. Je reprend ce que m’avaient dit certains brasseurs, une poste en brasserie, c’est 300 ou 500 hl, donc en fonction de ça, il faut s’organiser. Si tu as un associé, il faut essayer de produire environ 1000 hectos à l’année, et de les vendre, bien évidemment.
qu’est-ce qui vous a bien réussi ?
« Je pense qu’on a eu de la chance, mais aussi une bonne vision à 360° lors du lancement. Le positionnement qu’on a choisi était le bon pour nous, pour ce qu’on souhaitait faire et pour notre public en 2019. »
Pourquoi avez-vous choisi le nom Tandem ?
A : C’était la partie la plus compliquée !
Bien plus que les noms des bières.
On a réfléchi à plein de choses, liées à la bière, au territoire, aux valeurs, mais rien ne collait vraiment. Finalement, c’est Pierre-André qui un jour m’a dit « T’en penses quoi de Tandem ? On est deux et on se déplace toujours à vélo. Et puis c’est un peu le symbole de la collaboration… »
Je trouvais que ça sonnait bien et puis c’était le meilleur nom de la liste (et je peux te dire qu’elle était longue). Même si aujourd’hui Pierre-André est sur un autre projet, le nom a toujours du sens et représente aussi la relation entre nos clients et nous.
Entre les bonhommes sur la capsule et le point d’exclamation, c’est quoi le rapport ?
A : Quand nous avons briefé Corpus, l’agence qui s’est occupée de notre charte et de nos étiquettes, on leur a parlé de nos valeurs, nos inspirations et ce qu’on voulait dire avec notre brasserie.
Le point d’exclamation est arrivé après le logo, en tant qu’élément clé d’une des propositions d’étiquette.
Selon eux, cet élément aurait eu besoin d’un logo qui allait vivre en parallèle, mais pouvait enrichir l’univers de la marque et la rendre plus intéressante.
Pour la petite anecdote, nous avons fait une étude consommateurs en 2024 pour savoir comment les gens identifiaient Tandem et le logo a été reconnu 20% du temps, contre les 50% du point d’exclamation.
Comment est venue l’idée des noms des bières ?
A : Pour les noms, c’est moi qui ai trouvé l’idée.
On a très vite décidé qu’on n’allait pas faire la Tandem Blonde, Tandem IPA, Tandem Triple, donc on a réfléchi à quelque chose de plus captivant.
On ne voulait pas non plus quelque chose de trop frenchy, en mode patriote cocorico, ni vulgaire.
J’ai fini par trouver cette idée de la cour de récré, avec la Poule mouillée, puis assez rapidement j’ai réfléchi à une série de 5-10 noms qui allaient pouvoir bien fonctionner avec. C’est comme ça qu’on a fait la Pas cap, Bonne pioche, etc.
Je suis très content parce que ça a bien marché et que les gens ont tout de suite adoré ce choix.
Vous avez participé aux J.O. 2024, comment ça s’est fait ?
A : Oui, nous avons été mis en relation par une boite lilloise qui s’occupe de faire le lien entre l’orga des jeux et les fournisseurs. Parmi les 100 brasseries contactées, nous avons répondu « Présents ».
Du coup, on s’est retrouvés à la cérémonie d’ouverture, avec une belle pluie en accompagnement.
Très grosse logistique pour tout organiser, des équipes sur place 3 jours avant l’événement pour réceptionner les futs, beaucoup de stress, mais malgré tout une expérience incroyable.
On a pas mal sué, mais finalement, on s’est pris au jeu et nous avons décidé de participer aussi à la buvette des Jeux Paralympiques. Encore aujourd’hui j’en garde un très bon souvenir et ça nous rend très fiers !
le mot de la fin ?
« Si vous êtes passionnés par le produit, lancez-vous. Je trouve qu’il y a encore plein de trucs à faire et que c’est une aventure qui mérite d’être vécue. »
Retrouve la brasserie Tandem
Brasserie Tandem 382 rue de bondues 59118, Wambrechies
