Intro
Matteo : Salut Vincent, peux tu nous parler de ton parcours ?
Vincent : Oui, je suis graphiste à l’origine, et jusqu’en 2015, j’exerçais en tant que freelance, comme toi. Puis l’envie m’est venue d’en savoir plus sur la bière, et c’est comme ça qu’avec un ami, Jé, nous nous sommes rapprochés de la brasserie de Maxime. L’idée, à la base, c’était vraiment de me faire ma propre culture car je trouvais le milieu intéressant, mais de fil en aiguille, je me suis bien entendu avec le gérant, au point où un mois plus tard, j’ai intégré la boîte à temps partiel. Je m’occupe aujourd’hui de gérer la communication, créer les étiquettes et suivre la partie événementielle de la brasserie ainsi que celle du restaurant (la Stabul).
Sur le logo de la brasserie, on précise bien le mot « ferme », tu peux nous expliquer ?
V : La brasserie est installée dans la grange d’une ferme, c’est là où travaillaient les parents de Maxime et c’est là qu’il a grandi. Nous sommes situés au cœur de la Vendée depuis 2014. Nous avons aussi un restaurant / taproom qui s’appelle « La Stabul » où vous pouvez déguster de la cuisine locale et – bien évidemment – nos bières.
Aujourd’hui dans nos bières au moins 80% du malt utilisé provient de l’orge de notre ferme. C’est pour cette raison qu’il y a quelques mois on a communiqué sur les réseaux en utilisant le motto « no farm, no beer« . Pour nous c’est important de faire comprendre au grand public que c’est (aussi) grâce aux agriculteurs si la bière existe.
Aujourd’hui nous communiquons beaucoup sur les réseaux, si les gens nous connaissent, c’est surtout grâce à internet.
Vous avez plusieurs gammes de bières, en fonction de la distribution, c’est ça ?
V : Effectivement, aujourd’hui nous avons 3 gammes.
La Métive, notre gamme grande distribution, que tu retrouveras uniquement dans les supermarchés. Elle comprend 5 bières aux styles classiques : blonde, blanche, triple, ambrée et IPA.
La Musse, qui contient des styles un peu plus originaux et qui s’adresse aux CHR (Cafés-Hôtels-Restaurants) ainsi que les cavistes. Le nom de musse vient des passages « construits » par les animaux cherchant la liberté à travers les buissons qui entourent le bocage.
Et pour finir la gamme dédiée aux beer geeks et à ceux qui recherchent vraiment le côté craft, il n’y a pas de nom particulier, ce sont des bières éphémères en canette de 33 ou 44cl. On y trouve de la DIPA, de la NEIPA, de la sour, des bières fruitées, bref, la totale !
Vous avez lancé une gamme que je trouve géniale : la Muettal, tu nous en parles ?
V : Aha, oui, tout à fait. J’ai eu l’idée de combiner le mot Muette et Metal et quand j’en ai parlé à Maxime il a tout de suite validé l’idée : c’était lancé.
En tant que grand fan de musique, j’ai eu envie de faire la liaison entre les styles de bières et les styles de metal. C’est ainsi qu’ont vu le jour la Death Muettal, Heavy Muettal, Black Muettal, Trash Muettal, Stoner Muettal, etc.
J’ai parlé du projet à Maxwell, un youtubeur qui s’intéresse justement au metal et il a tout de suite voulu participer au projet. On aime bien quand la bière devient un prétexte pour découvrir des nouvelles choses, que ça soit la musique, l’art ou d’autres univers.
Quels sont les objectifs de la brasserie pour les prochaines années ?
V : Ce qui me ferait vraiment plaisir c’est de pouvoir trouver nos bières en dehors de la France, par exemple en Belgique ou pourquoi pas même aller jusqu’aux Etats-Unis. Après ce n’est pas une priorité, ma ça serait une petite fierté personnelle.
Sinon je pense que nous allons continuer à nous développer à l’échelle nationale, maintenant que nous avons réussi à nous faire un peu connaître dans notre région, c’est la prochaine étape.
M : Comment allez-vous faire ?
V : En continuant à participer aux salons, en faisant des collaborations avec d’autres brasseries, des TTO (Tap Take-Over, c’est à dire brancher ses futs dans un bar ou chez un autre brasseur pendant une durée limité, ndr). On continuera aussi à faire des événements, cette année nous avons fêté nos dix ans et c’était vraiment incroyable comme ambiance, on a de la chance d’avoir autant d’ami.e.s et de fans.
C’est comme quand tu découvres un single sur Spotify, tu as besoin d’une image pour bien l’imprimer dans ta mémoire. Pour les bières, c’est pareil.
Quels sont les conseils que tu te sens de donner aux brasseries artisanales ?
V : Plusieurs choses mes viennent à l’esprit, même si je ne dis pas avoir la science infuse là-dessus. Je pense que ceux qui veulent pouvoir rayonner à échelle nationale doivent d’avantage se focaliser sur le fait de constamment trouver des nouveaux concepts pour sortir du lot. Nous essayons de le faire chaque année, et on travaille activement avec l’équipe. Sinon je dirai investir dans la communication, bien travailler les visuels de ses étiquettes pour toujours avoir de la nouveauté à montrer, même si ce sont des bières destinées aux futs.
Retrouvez La ferme-brasserie La Muette
Brasserie La Muette
La Muette,
85390 Bazoges-en-Pareds

