C’est l’histoire de deux potes…
Michel : Oui, Corentin et moi. Il a fait ses études au Canada et, quand il est revenu, il a trouvé directement du boulot chez Célestin (Lille).
Il m’a contaminé avec le monde de la microbrasserie.
On a commencé à boire de la bière et à faire du brassage amateur. Pendant le Covid, on s’est éclatés à faire des recettes à la maison et en 2023, on s’est dit « on s’y met sérieusement ».
On a fait un business plan, parlé avec des comptables et puis, coïncidence assez cool, début 2024, Corentin trouve l’annonce pour la brasserie du Goulot, qui lâchait son local. On a eu les clés le 2 septembre 2024 et on a ouvert la taproom peu de temps après.
Qui sont vos clients idéaux ?
M : La clientèle qu’on veut viser, idéalement, ce sont les bars qui servent de la bière craft et les caves.
Avant d’avoir notre propre brasserie, c’est là-bas qu’on allait pour découvrir et goûter des bières craft.
On a vite compris qu’il fallait qu’on travaille avec un distributeur et nous avons choisi Lambelin.
En discutant avec Justine, qui s’occupe de nous, on s’est rendu compte qu’en termes de valeur, ça collait.
Ils ont des bières qui sont plutôt « grand public » mais aussi une petite gamme où ils cherchent des bières crafts locales.
Quels sont les défis que vous avez rencontrés, les galères des débuts ?
M : Je pense que le premier point qui nous a fait défaut, c’est d’avoir démarré fin septembre. On n’a pas eu toute la période d’été. Décembre, on n’a pas fait de gros volumes, même si à la taproom, c’était cool, ambiance Noël. Et janvier, février, ce sont les mois les plus morts pour une brasserie. On commence à en sortir avec le retour des beaux jours.
Le deuxième point, c’est la différence d’état d’esprit entre la brasserie du Goulot et le nôtre. On n’est pas du tout sur le même type de bière. Nos bières sont très “craft” tandis qu’eux, c’est de la bière tradi.
En plus nous sommes sur de la can, eux, sur de la bouteille 75.
Le fonctionnement taproom + brasserie, c’est le meilleur moyen de se lancer selon moi : ça permet de te faire connaître par tes clients et partager quelque chose ensemble.
Tu nous parles
de votre gamme ?
M : On veut vraiment avoir nos bières d’hiver, de printemps, d’été et d’automne. Et on va recommencer toujours dans ce cycle-là. Pour l’instant, on arrive à le suivre. Avec le petit volume qu’on a, 4 500 litres, on se dit que c’est possible.
Par exemple, cet hiver, on a fait 2 bières noires.
En été, on va faire une gamme de bière un peu légère. Pour la Porter, on a rajouté un petit peu de noisette dedans. Pour la Pils, on a rajouté des houblons néo-zélandais.
Récemment, on a sorti une Grisette, la bière des mineurs. On voulait travailler un peu sur l’héritage nordiste. On la ramène au goût du jour en rajoutant du houblon dedans.
Et les clients, ils réagissent comment au fait de ne pas avoir de gamme permanente ?
M : Au niveau de nos clients pros, pour les fûts, par exemple, on n’a pas eu de problème parce qu’on a été clair dès le début. On leur a expliqué ce qu’on faisait, donc ils savent qu’ils ne vont pas retrouver la même bière.
Au niveau des caves, ils ne commandent jamais deux fois la même. Pour eux, le public craft en can, c’est vraiment un public qui veut toujours avoir une bière différente. Donc, ils sont assez OK avec ce credo. Et, tous les trois mois, on leur envoie notre newsletter avec les nouveautés.
Pour les particuliers, ne pas avoir une gamme permanente, ça bloque un peu. Donc, pour rassurer les gens qui seraient perdus par le fait d’avoir toujours des bières différentes, on a créé notre gamme Sunset.
C’est une IPA à 6,5 % qui sera toujours présente, mais avec un houblon qui change à chaque saison.
Quels sont vos objectifs pour
le futur d’Elements ?
M : Notre premier objectif : ce serait d’ici à un an et demi, deux ans, d’être propriétaire de notre local et de notre matos. Ça voudrait dire qu’on aurait la trésorerie pour pouvoir s’engager dans un tel projet. Et ça nous permettrait de rendre nos bières un petit peu plus accessibles aussi.
Le deuxième objectif : réussir à imposer notre vision de saisonnalité des bières. On fait toujours un lancement de la saison ici à la taproom. Tous les trois mois, le 21, il y a une soirée pour pouvoir lancer les nouvelles bières. Et c’est quelque chose qu’on aimerait bien mener à terme avec d’autres bars, genre lancer une soirée où le 21 c’est soirée Elements où tout le monde perce en même temps nos fûts pour la saison. C’est dans mes rêves les plus fous.
Ndr : Le jour de l’interview, Emeric, le graphiste qui s’occupe des étiquettes
et qui a créé le logo de la brasserie, était présent pour répondre à nos questions.
D’où vient le nom d’Elements ?
Michel : On a fait des sciences de la Terre.
Donc, tout ce qui est sensibilisation à l’environnement, à la planète, ça fait partie de nos valeurs. On voulait mettre cet héritage dans le nom et dans la charte de la brasserie. C’est pour ça qu’on a voulu représenter les 4 éléments dans notre logo.
E : Ce logo est arrivé très rapidement dans la réflexion Les lignes représentent chacune un élément. Michel et Corentin voulaient quelque chose de simple, mais dans les codes de la bière craft. C’est pour ça qu’on a gardé cet effet brush. Sur l’étiquette, on le voit bien. Il se démarque de ce qui se fait dans les autres brasseries. Il raconte l’histoire et il est pratique d’utilisation.
Et pour les étiquettes, comment as-tu travaillé ?
E : On voulait une uniformité entre toutes les bières. Et vu que les bières sont saisonnières, on voulait quelque chose qui se remarque en rayon, qu’on sache que c’est Elements. J’ai travaillé sur du 1/3 – 2/3.
La partie haute avec le logo et sur la partie basse, on peut vraiment s’amuser à trouver des choses en rapport avec la bière.
Pour le moment, c’est uniquement des photos. Mais, sur les collab’ on a fait un peu de graphie. Ça permet d’avoir cette liberté, de tester, tout en étant reconnaissable facilement sur un étalage.
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91 Bd de Fourmies,
59100 Roubaix
