Une heure avec

Fanny, brasserie Nyris

par | Interview

Nyris, c’est l’aventure d’un couple à la vie comme à la brasserie située dans l’Isère.
Et c’est Fanny qui nous la raconte.

Fanny : On a démarré la production en mai 2024 et la vente début juillet. C’est récent et, en même temps, ça va vite. C’est une sacrée aventure. À la base, on brassait en amateur sur notre petit balcon à Lyon. On a vraiment sauté le pas en 2022. Nos CPF étaient pleins. On s’est dit « go ! », on va se former et voir si ce n’est pas juste une idée folle.

fanny et joris à la brasserie Nyris

Pourquoi avez-vous choisi de vous former avec The Brew Society ?

F : On bossait encore à l’époque.
L’organisation avec Brew Society était la plus facile à gérer. Puis, on a eu de bons contacts avec eux.

On a été sur place une semaine pour la B1 en été 2022, puis les deux dernières semaines en novembre 2023.

On a enchaîné avec un mois de stage en brasserie en février. Ensuite, on a passé le titre pour avoir l’appellation « Brasserie artisanale ». On voulait vraiment avoir le cursus complet.

Quelles sont les étapes que vous avez suivies pour créer la brasserie ?

F : Entre la première et les deux dernières semaines de formation, il s’est passé un an et demi. On a profité de ce temps pour tout organiser. L’idée, c’était de revenir sur Saint-Marcelin (Isère 38). On connaissait du monde et un rayon de 30 km sans brasseries. 

On a été accompagné par l’initiative Sud Grésivaudan, avec qui on a un prêt d’honneur, pour que notre projet puisse passer en banque. On a rencontré des experts-comptables pour créer notre business plan. 

Brew Society nous accompagne aussi. Pendant la formation, il y a des cours détaillés sur la partie gestion d’entreprise. Ils nous donnent des clés, comme « comment calculer des coûts de revient ? ».
Et, dès qu’on a des questions, ils nous répondent rapidement. 

Après la formation, nous avons fait appel à Brew Factory, qui s’occupe de commander et installer les cuves des brasseries. L’intérêt de travailler avec eux, c’est qu’après l’arrivée des cuves, il y a un vrai suivi. Par exemple, au mois de novembre, une pièce d’un motoréducteur d’une cuve s’est cassée. Ils ont fait les démarches pour nous aider. Je pense que, si on n’avait pas été accompagné par la Brew, on n’aurait pas lancé le projet.

Quels sont vos défis pour l’année 2025 ?

F : Avec Joris, ça fait 15 ans qu’on est en couple, mais on n’avait encore jamais travaillé ensemble.
C’est un défi du quotidien. On voulait tout faire à deux. Mais, à un moment donné, il faut aussi avoir chacun sa place. Et on est en train de les trouver après 11 mois. 

Sinon, nous avons très récemment ouvert la partie bar de notre brasserie, avec une soirée d’inauguration qui a eu lieu le 28 juin et d’autres événements qui ne vont pas tarder à arriver. 

Nous avons aussi enfin investi sur un bar mobile, qu’on va faire voyager lors des festivals et des soirées pour rafraichir les passionnés de bière artisanale.

le bar nyris

La bière, c’est de la chimie, du vivant, du procédé, des cuves et des calculs aussi. Une sacrée aventure.

Est-ce que vous avez eu des difficultés à vous faire connaître ?

F : On ne pensait pas que ça prenne aussi rapidement, même si c’est surtout au niveau local. On a un site internet et on communique beaucoup sur les réseaux. J’étais web designer, donc ça aide un peu. On a pas mal de personnes qui viennent à la boutique et on rencontre les gens sur les salons.
Et puis, on a de bons avis sur Google.

On est dans une zone d’activité avec pas mal d’entreprises. On est allé les rencontrer pour se faire connaître. Ils n’attendent qu’une chose, c’est qu’on ouvre le bar le vendredi soir. On a en moyenne une quinzaine de personnes qui passent la porte de la brasserie les jeudis et les vendredis.

Quelles sont les valeurs qui vous tiennent à cœur ?

F : Oui, nous sommes très attachés aux économies d’énergie et aux démarches RSE. La première initiative a été celle de brasser au moins 2 brassins en même temps à chaque fois. 

Pour diminuer notre empreinte carbone, on utilise du CO vert. C’est une entreprise qui s’appelle Gaz Des Champs, qui filtre du CO en sortie de méthaniseur. C’est propre à 99,9 %. Ils le mettent en bouteilles recyclées plus légères.

On utilise uniquement des céréales locales qui viennent de la malterie « À Vos Malts ». En plus, ils sont bio. Mais surtout, la malterie n’est pas loin, donc on va chercher nos céréales pour diminuer les coûts de livraison. 

Et pour finir, nous avons décidé de consigner nos bouteilles de 75 cl, ce qui implique d’avoir des étiquettes hydrosolubles. Nous travaillons notamment avec Ma bouteille s’appelle reviens.

malt bio et local, a vos malts

Comment organisez-vous la répartition des tâches à la brasserie et cela a-t-il un impact sur votre vie de couple ? 

F : On fait de grosses journées parfois, 8 h – 20 h 30, avec deux jours de brassage collés. Et la semaine d’après, un ou deux embouteillages. On alterne semaine de production avec semaine un peu plus light.

Le reste du temps, c’est de la livraison, de l’accueil client, de l’administratif, de la communication. 

Joris s’occupe plus de la partie prod. Il fait les deux brassins, j’en fais un avec lui. Et le deuxième, je vais faire autre chose. Il faut dire que c’est physique, même si je porte des sacs de 25 kilos, je suis moins robuste que lui. Puis, il fait plus de livraison. 

Tout ce qui va être la commercialisation, le marché le samedi matin à Saint-Marcelin, la communication sur les réseaux sociaux, surtout Facebook et Insta, c’est plus moi. 

Il faut savoir tout faire pour assurer quoi qu’il arrive. Le problème, c’est de voir l’autre qui ne fait pas comme toi. Tu fais une réflexion et ça peut être mal pris, surtout avec la fatigue. C’est ce qui s’est passé au début. On était stressés au même moment. Le démarrage a été un petit peu compliqué.

joris et fanny

Est-ce que vous avez un réseau d’entraide avec d’autres brasseries artisanales du secteur ?

F : Oui et c’est assez chouette. On est à 30 minutes de Roman-sur-Isère. Là-bas, il y a la Brasserie des Abymes et la Brasserie Jacquemart avec qui on s’entend hyper bien. On va faire laver nos fûts chez eux. Quand on a des problèmes de tireuse, de location, on arrive toujours à se dépanner.

Pareil, à Vinay, c’est à environ 30 km, on connaît bien la Brasserie Tetras Byre. L’autre jour, il est venu concasser chez nous.

Le plus difficile, c’est qu’il faut être un réel couteau suisse.
Il faut savoir tout faire et dans un temps limité.

Tu nous présentes la gamme que vous proposez et les étiquettes ?

F : On a quatre bières permanentes en fût de 20 et 30 litres et bouteilles de 33 ou 75 cl. L’idée, c’est d’avoir des produits phares sur lesquels les clients peuvent s’identifier. En milieu rural, tout ce qui va être craft, les gens sont un peu frileux, donc il faut avoir les bases.

  • La Blondie Mistral, notre blonde très axée sur la céréale et un peu florale.
  • La Cascade, notre blanche sur les codes witbier belge, fruitée et épicée.
  • La Feuille d’Ambre, notre ambrée, peu sucrée, légèrement torréfiée et assez florale grâce au chinook.
  • La Take It Hazy, notre IPA, aux notes de fruits tropicaux. Elle n’est pas trop amère, donc on ne perd pas non plus les gens qui n’aiment pas l’amertume. 

F : On fait aussi tourner des éphémères :

Pour l’hiver, on a fait un stout la Winter Fusion aux notes vanille et cannelle. On avait une triple belge, la Bim Bam Belge parce qu’il y a des personnes qui nous ont demandé une bière avec un peu plus de force et d’alcool. L’été dernier, on avait fait une bière à l’abricot frais et au romarin. Là, on a une NEIPA en fermenteur, plus légère, plus fruitée.

On a une gamme soft également avec deux limonades : Buléo citron vert-bergamote et Buléo framboise-hibiscus.

Les étiquettes, on les a voulues avec des couleurs impactantes pour se démarquer. C’est une volute de liquide colorée pour le triptyque blonde, blanche, ambrée. Pour les autres, l’idée, c’est toujours avoir quelque chose de très coloré, mais de se faire plaisir, même s’il n’y a pas une grande cohérence visuelle, juste notre logo.

Comment avez-vous choisi le nom de la brasserie ?

F : Aha, c’est peut-être un peu cul-cul, mais… c’est la fin de nos deux prénoms, Fanny et Joris.
Ça donne Nyris.

Les gens ne s’en rendent pas compte. Même nos familles n’avaient pas fait le lien. On voulait quelque chose qui n’existait pas, court et facile à retenir.
En plus, notre gamme est assez florale et le nom fait penser un peu l’iris. Voilà, tu sais tout !

M : Un grand merci à Fanny pour cet échange et RDV juste en dessous si vous souhaitez en savoir plus sur Nyris !

Retrouvez la brasserie Nyris

 

Microbrasserie Nyris
352 ZI la Gloriette,
38160 Chatte

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