Une heure avec

Nicolas, brasserie du Goulot

par | Interview

Salut Nicolas, peux-tu me parler de ton parcours ?

Nicolas : Je suis entrepreneur depuis 12 ans et j’ai un ami et associé qui s’appelle Benjamin. La brasserie est notre troisième entreprise ensemble, et nous l’avons ouverte à Roubaix en 2019.

Au départ nous avions deux volontés :

  • Équilibrer notre quotidien entre digital et artisanal,
  • Réimplanter des brasseries de quartier à échelle humaine avec un maximum de ventes directes et de consommation sur place. Chercher la marge au lieu du volume et la proximité et la convivialité autour du produit.

Chose qu’on n’a absolument pas fait puisqu’on a ouvert la brasserie en plein Covid. Donc on a lancé ça de façon un peu anarchique parce qu’on ne pouvait pas servir les gens comme on le souhaitait. C’est pas grave, on a fait autrement, on a distribué un peu. On a fini par ouvrir un deuxième établissement parce qu’on s’est dit – tiens on va en faire plusieurs – qu’on a ouvert à Wimereux sur la côte d’Opale et qui brasse la bière que tu connais, la Baston.

Des projets pour le futur ?

N : Absolument. On est en train d’ouvrir une troisième brasserie qui elle sera exactement ce qu’on voulait faire au départ. C’est à dire une brasserie où on brasse sur place et on boit sur place. Le projet s’appelle Big Luck et sera dans les Grands moulins de Paris à Marquette-lez-Lille en partenariat avec le restaurant/bar à jeux La Luck, à Lille.

Donc 600 m² avec un resto, toute la partie jeu de société avec les sommeliers du jeu de La Luck et une brasserie artisanale qui fabriquera et servira tout sur place. 

Ndr : Leur campagne de crowdfunding s’est clôturée en janvier 2024, pour en savoir plus rdv sur le lien ci-dessous : https://miimosa.com/fr/projects/big-luck-microbrasserie-restaurant-et-jeux-de-societe

Nous avons parlé de la guerre en Ukraine, des prix du verre et de la céréale qui ont flambé : comment faut-il réagir face à cette situation, selon toi ?

N : Je suis intimement convaincu que le meilleur avenir des brasseries, c’est les bars, ce n’est pas faire des bouteilles. Je pense vraiment qu’il faut faire, si possible, de moins en moins de bouteilles, et avoir une démarche plus servicielle qu’industrielle, et de dire, au lieu d’avoir une production toujours plus grande de bouteilles, je vais plutôt faire du service, c’est-à-dire servir quelqu’un à table avec de la bière dans son verre, que j’ai fabriquée moi-même, et là, il n’y a pas d’intermédiaire, il n’y a pas de transport, il n’y a pas d’emballage, il n’y a pas de déchets, etc.

    Mais le pivot il n’est pas facile, parce que les brasseries de notre taille n’ont plus beaucoup d’argent à investir. Donc nous, pour l’instant, on a fait le choix de poursuivre la bouteille et le développement commercial dans les grandes surfaces, parce que ça marche plutôt bien, c’est juste qu’il en faut plus. Et une fois qu’on aura stabilisé ça, là où ma première intention, c’était d’investir pour doubler la production, je me poserais peut-être la question d’investir dans l’achat d’un bar, acheter un bar à bière qui tourne bien. C’est peut-être ça que je ferais.

    Et on réfléchit aussi à mettre notre brasserie de Roubaix en location, en version clé en main, parce que je pense qu’aujourd’hui il y a des gens qui ont envie d’ouvrir des brasseries, et ça va être très dur pour eux, parce que le prix du matériel a flambé, les délais de livraison sont très élevés, les prêts coûtent cher, et ça va être difficile d’en obtenir.

    La Brasserie du Goulot

    91 Boulevard de Fourmies,
    Roubaix, France

    Le premier ingrédient de la réussite ça reste ton marketing et ton packaging

    Comment avez-vous fait pour vous faire connaître ?
    À ton avis quel a été le levier le plus puissant dans la communication ?

    N : Je pense qu’on n’a pas été très bons sur la communication. Je pense qu’on est meilleur depuis qu’on a créé la marque Baston. La marque de Roubaix s’appelait La Renommée et nous l’avons arrêtée en septembre dernier. Je pense qu’aujourd’hui on a visé juste en lançant la marque Baston – avec le packaging que tu connais, les bouteilles noires et le côté floral – elle plaît beaucoup à un public féminin entre autres.

    Avez-vous fait appel à quelqu’un pour la partie communication (choix du nom, branding, design des étiquettes) ?

    N : La première marque qu’on avait lancée, la Renommée, on l’a faite un peu nous-mêmes, on a choisi le nom en buvant l’apéro entre copains. On s’est rendu compte plus tard que le regard d’un œil pro, c’est quand même un investissement à faire. Pour la Baston on a fait appel à une agence et on a vu la différence.

    Notre plus grand client est Auchan de Boulogne-sur-mer, et dans leurs rayons ils ont une centaine de références. Pourtant c’est chez eux qu’on en vend le plus, ça veut vraiment dire que quelqu’un qui ne connaît rien et qui est face à un rayon de bières, il voit la notre et il la choisie. Il se dit « tiens c’est marrant, je ne l’ai jamais vue, ce n’est pas les mêmes codes que les autres ».

    Après le fait qu’elle soit bonne fait qu’il va en recommander ou pas !
    Mais le premier acte d’achat, il n’y a pas photo, c’est ton œil qui le fait. Donc c’est hyper important de travailler sa marque produit et de miser dessus. Il faut faire très attention aussi de mettre l’effort au bon endroit entre sa marque produit et la marque de sa brasserie.

    Pour la canette WTF (double IPA), j’ai contacté Florence Sgard, artiste boulonnaise qui a illustré l’étiquette.

    M : Salut Florence, merci de nous accorder cet interview. Comment s’est passé la rencontre avec la brasserie du Goulot ?

    F : Salut Matteo, la Brasserie du Goulot m’a contacté parce qu’ils voulaient travailler avec un.e artiste de la côte d’Opale et qu’ils étaient intéressés par mes travaux de street art. Le commercial de la brasserie (Antoine) et moi sommes amis, c’est comme ça que nous avons fini par travailler ensemble.

    M : Quels étaient les attentes du client sur cette étiquette ?

    F : On m’a fourni le nom de la bière, son style et ses informations (% d’alcool, capacité de la canette) et pour le reste j’ai eu carte blanche, ce qui m’a permis de vraiment m’amuser.

    F : Ce qu’on voit sur la canette, c’est mon style habituel, très coloré et dynamique. J’ai représenté les fruits tropicaux car c’est souvent les saveurs qu’on associe à cette bière et j’ai aussi décidé d’indiquer les types de houblons qu’elle contient.
    En tant que graphiste c’est un bonheur de pouvoir travailler sur ce genre de projet et les retours ont étés très positifs.

    En plus de l’illustration, je me suis occupée de la mise en page des éléments tels que le code barres et le logo de la brasserie. L’avantage de faire appel à une graphiste (en plus de la casquette illustratrice) c’est que tout était conçu directement pour l’impression.

    M : Où peut-on retrouver ton travail ? Quels sont tes prochains projets ?

    F : Il y a une fresque qui se trouve Rue à Boulogne-sur-mer, dédiée à l’égyptologue boulonnais Auguste Mariette. Et vous pouvez retrouver mes autres travaux toujours sur ma page behance !

    J’ai pour projet futur de créer des affiches de villes, et de les vendre dans des boutiques de décorations. Mais pour le moment je ne vous les partage pas, ça sortira (j’espère) cet été !

    On a testé, on a aimé :
    la double IPA WTF

    Vous vous en doutez bien, je vous recommande chaleureusement la bière dont Florence a illustré l’étiquette, c’est une vraie pépite.

    Non seulement elle a un look d’enfer, mais en plus elle va vous titiller le palais avec sa double dose de houblon et ses notes tropicales, parfaites pour les jours ensoleillés (et pas que) ! 

    IBU : ND | ALC : 7.5% vol | 33 CL | Untappd

    L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.
    À consommer avec modération.
     

    Retrouvez la Brasserie du Goulot

     

    Brasserie du Goulot
    91 Boulevard de Fourmies
    59100 Roubaix, France

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